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La Truite Sulpicienne et Beninoise

Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique

TRUITE FARIO

Index : Fiche descriptive de la truite fario, TRUITE FARIO.
Fiche descriptive de la truite fario

Ces fiches ont étés rédigées d'après l'excellent document " Partez à la rencontre de la biodiversité-les poissons et leur habitat dans le bassin Artois-Picardie" de la FDAAPPMA 62 en partenariat avec l'agence de l'eau Artois-Picardie

Stéphane Jourdan, - Docteur/ingénieur Agro Halieutique, chargé de mission à la FDAAPPMA du Nord et Florence et  Dekeyser (FDAAPPMA 59) ont participé à la rédaction 

TRUITE FARIO ou TRUITE COMMUNE ou TRUITE DE RIVIÈRE

Nom scientifique: Salmo trutta (Linné, 1758)
Famille : Salmonidés


Taille : 20-70 cm (1 m)

Poids : 200 g-10 kg (15 kg)
Longévité : 4-6 (10) ans

Maturité sexuelle : 1 an chez les mâles : 2 ans chez les femelles
Période de reproduction
: octobre-mars
Nombre d'ovocytes : 1 000-2 000 oeufs (4 000)/kg de poids vif
Taille des ovocytes
: 3-5 mm
Développement embryonnaire :50-420 degrés-jours

Régime alimentaire
Alevins : invertivore
Adultes : carnivore puis ichtyophage


Migration : holobiotique

Biologie et écologie
Caractéristiques morphologiques

Le corps de la truite fario est plus large au centre qu'aux extrémités. Cette forme hydrodynamique est adaptée à la nage en eau vive. Sa tête est massive et conique. Sa bouche, largement fendue, est garnie de petites dents pointues. Le mâle possède une sorte de bec à la mâchoire inférieure, plus marqué en période de frai. Contrairement au saumon atlantique, son pédoncule caudal est large, suivi d'une grande nageoire caudale faiblement fourchue. Les nageoires pectorales de la truite fario sont plus petites, sa nageoire adipeuse est marquée par un liséré orange et ses écailles sont plus petites.
Son dos est de couleur brune aux reflets dorés ou argentés, ses flancs blanc-jaunâtre, et tachetés de points sombres et rouges à liséré clair. Elle peut changer de couleur en fonction du milieu dans lequel elle vit. Au stade "juvénile", il est très difficile de distinguer les individus migrants (certains vont rester en eau douce, tandis que d'autres vont migrer en mer après transformation pour donner la truite de mer). Au stade adulte, par contre, la truite commune se différencie de la truite de mer qui est plus trapue et argentée, avec des taches en forme de croix noires sur le flanc, de part et d'autre de la ligne latérale. En période de reproduction, la truite fario prend une teinte plus sombre.

Habitat
Elle peut tolérer les eaux moins courantes des rivières de plaine où les eaux restent fraîches par apport d'eau de nappe souterraine car elle possède, dans une certaine limite, une grande capacité d'adaptation. Les truitelles colonisent les zones de radiers et de plats courants, c'est-à-dire des milieux peu profonds (10 à 40 cm mais parfois plus selon la saison et le cours d'eau) à vitesses de courant modérée (0,2 à 0,5 cm/s en moyenne) et à granulométrie moyenne. Au cours de leur croissance, les juvéniles recherchent des hauteurs d'eau plus élevées, puis les adultes sont retrouvés dans des abris offerts par les milieux plus profonds ou ombragés, aux courants lents ("mouilles"). La diversité des habitats est un facteur important du biotope de l'espèce notamment en raison d'une occupation différente de l'espace (micro-habitats) en fonction du stade de développement (reproduction, croissance) et du type d'activité (repos, affût, chasse, refuge....). Cette répartition spatiale des individus est fonction de leur taille et des conditions environnementales (température, photopériode, vitesse d'écoulement de l'eau,...).

Activité et alimentation

La truite fario est une espèce sédentaire au comportement territorial dès le stade de juvénile (fidélité envers l'habitat, répartition des fonctions). C'est un poisson d'eau fraîche (entre 0 et 20 °c; température létale de 22°c) et exigeant par rapport à la teneur en oxygène (>6mg/l). Elle effectue des migrations qui peuvent être de grande ampleur, remontant vers les têtes de bassins et les petits affluents où se trouvent les lits de graviers nécessaires à sa reproduction. Elle quitte alors temporairement son habitat de chasse et de repos.
La truite fario, en nage stationnaire, intercepte sa nourriture dans la dérive au niveau des zones courantes. Au repos, elle gagne des zones plus lentes et plus profondes. Elle a un régime alimentaire varié (insectes aquatiques et terrestres, larves, crustacés, mollusques, petits batraciens, poissons, dont le vairons, les loches et les chabots), adapté aux saisons et aux différents moments de la journée (variations en fonction de la lumière et surtout de la température). Elle chasse à vue (proies choisies sur critères visuels, olfactifs ou gustatifs). Les truites deviennent ichtyophages en vieillissant, y compris envers leurs propres alevins.

Reproduction
Lors de la période de reproduction les adultes migrent vers les zones de frayères, généralement localisées dans les parties amont des rivières . La femelle creuse assez profondément un nid (courant fort, faible hauteur d'eau et graviers grossiers ; 10-20 cm de profondeur) où elle dépose ensuite ses ovules de couleur jaune-orangé. Ils sont fécondés par le mâle dominant avant d'être recouverts de graviers. Le dôme ainsi formé est caractéristique. les mâles adoptent un comportement de cour très actif, mais il n'y a pas ensuite de défense du nid.
A l'éclosion, les larves photophobes mesurent entre 15 et 25 mm, elles restent sur le fond et se nourrissent des réserves internes de leur vésicule vitelline. Puis, au bout de 4 à 6 semaines, les alevins "émergent" (ils sortent des graviers et apprennent à nager et à se nourrir) et commencent à s'alimenter de proies benthiques et planctoniques. Le comportement alimentaire (nocturne ou diurne) et l'occupation de l'espace sont déterminés par la pression de prédation des adultes et des espèces d'accompagnement. Au cours de la croissance, une deuxième migration s'effectue vers les secteurs "aval" les plus favorables pour la croissance ; l'amplitude de cette migration est déterminée par la recherche d'un poste de chasse, où la compétition territoriale entre individus est forte ( entièrement déterminée par la taille).
Cette phase dite "juvénile" dure de 1 à 3 ans.
Contrairement au saumon, la truite fario se reproduit plusieurs fois au cours de sa vie.

Répartition
En France, la truite commune se retrouve dans presque toutes les parties amont des bassins.
Elle est bien représentée dans les cours d'eau salmonicoles du bassin Artois-Picardie, même si ses effectifs subissent actuellement une forte régression, en raison de la dégradation de la qualité physicochimique des eaux, des obstacles à sa migration et de ses altérations répétées portées à ses habitats de croissance (recalibrages, suppressions de la ripisylve, faucardage.......) et de reproduction (extraction de graviers, mise en culture des têtes de bassin, colmatage des fonds....).

Enjeux-Problématiques

Place dans les peuplements : Dans le cadre des phénomènes de compétition interspécifique, la truite fario tend à être supplantée par certaines espèces de cyprinidés rhéophiles (chevesne notamment), davantage en raison d'une plus grande exigence en terme de qualité écologique des milieux aquatiques que du fait de la compétition alimentaire ou de la prédation.

Sensibilités face aux aménagements ou activités :

En raison de la sensibilité, la truite fario constitue un bon indicateur de la qualité d'eau et de la diversité des habitats. C'est une espèce territoriale à tous les stades du développement. Du fait des perturbations précipitées du milieu aquatique, l'espèce semble aujourd'hui menacée. De plus, les repeuplements effectués pour compenser sa disparition contribuent à appauvrir la diversité génétique des populations résiduelles par introgression génétique et leur capacité de résilience en cas d'évènements graves (pollution, crue ou étiages sévères...).

Intérêt halieutique :

La truite fario est une espèce très appréciée pour la pêche sportive (combative, rusée) et fait l'objet de nombreuses techniques spécifiques (mouches, leurres....). L'intérêt des pêcheurs pour cette espèce est tel que les prélèvements doivent être parfois restreints en fonction des potentialités des milieux. La truite fario fait l'objet d'une taille légale de captures et d'une limitation du nombre de prises, quotidien ou annuel selon les cours d'eau. Pour pallier à sa disparition, les gestionnaires ont souvent recours aux repeuplements massifs, à tous les stades de développement, mais également à des déversements de sa "cousine d'Amérique": la truite "arc-en-ciel" qui est une espèce allochtone en France. Ces pratiques ont contribué dans certains cours d'eau à la dissémination de maladies (furonculose notamment). Son élevage est bien développé, tant pour le repeuplement que pour la consommation. En dehors de ces aspects économiques, elle présente également un intérêt scientifique et reste l'un des poissons les plus étudiés en termes d'écologie, de physiologie de la migration et de génétique. Si l'on distingue certains écotypes (lacustre, sédentaire ou de mer), la France présente quatre ancestrale atlantique et moderne atlantique. Cette dernière forme de peuple les cours d'eau du bassin Artois-Picardie.

Statuts réglementaires
Europe et France : Seul l'écotype "marin" est considéré comme vulnérable. Néanmoins, l'ensemble des écotypes est susceptible de bénéficier d'un arrêté de biotope du 08-12-1988.

Fichiers attachés :
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Dernière édition le 13/01/2009 à 11:38
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Date de dernière modification de cette page : 13/01/2009 à 11:38.